Un développeur français a récemment perdu près de 150 000 $ en Bitcoin après avoir été piégé par un faux client. Derrière cette attaque se cacheraient des hackers nord-coréens, experts dans le ciblage des développeurs freelances.
Une mission qui tourne au cauchemar
Tout commence comme un simple projet freelance.
Un client contacte le développeur pour créer une application crypto. Après avoir échangé plusieurs messages, il lui envoie un projet JavaScript à cloner sur son ordinateur.
Rien ne semblait suspect… jusqu’à ce que le cauchemar commence.
Quelques jours plus tard, le développeur découvre que tous ses portefeuilles Bitcoin ont été vidés.
Cinq wallets en tout, dont un contenant près de 140 000 $.
Les transactions avaient été réalisées automatiquement, à son insu.
Le code piégé : une attaque furtive
En analysant le code du projet, le développeur remarque une ligne JavaScript inhabituelle, mais difficile à détecter à première vue.
Ce fragment de code contenait un malware conçu pour explorer le disque dur et repérer tout fichier lié à des portefeuilles crypto.
Une fois les wallets identifiés, le virus a transmis les clés privées aux attaquants.
En quelques heures, tous les fonds ont disparu.
Le développeur n’a reçu qu’une notification de transfert après coup.
Les hackers nord-coréens dans le viseur
Selon l’analyse du développeur, les signatures numériques du malware et les serveurs utilisés correspondent à des outils déjà attribués à des groupes nord-coréens tels que :
- Lazarus Group – connu pour ses attaques contre les plateformes crypto.
- BlueNoroff – spécialisé dans le ciblage des start-up et freelances.
- APT38 – groupe militaire axé sur le financement clandestin de la Corée du Nord.
Ces groupes utilisent régulièrement des projets-appâts pour infecter les ordinateurs des développeurs, souvent via des fichiers JavaScript, Python ou Node.js.
Pourquoi les développeurs sont-ils ciblés ?
Les hackers visent les développeurs pour plusieurs raisons :
- Ils manipulent souvent du code source sensible.
- Ils travaillent avec des projets crypto ou Web3.
- Leurs PC peuvent contenir des wallets non chiffrés.
- Leurs habitudes de téléchargement (GitHub, Discord, clients freelances) facilitent les attaques.
- Ils sont parfois isolés et sans support de sécurité d’entreprise.
En clair, ils sont une cible facile et rentable.
Tentative secondaire : le faux appel Zoom
Deux jours après le vol, le développeur reçoit un nouveau message du “client”.
Celui-ci demande un appel vidéo Zoom de validation.
Mais le lien fourni redirigeait vers une fausse interface de contrôle à distance.
Heureusement, cette fois, il ne clique pas.
Ce second piège visait probablement à prendre le contrôle complet de son ordinateur pour effacer les traces de l’attaque.
Comment éviter le même piège ?
Voici les mesures essentielles pour se protéger :
- Ne jamais exécuter de code envoyé par un inconnu.
- Tester tout projet dans un environnement isolé (sandbox ou VM).
- Chiffrer tous les wallets stockés localement.
- Utiliser un hardware wallet (Ledger, Trezor…).
- Séparer le PC de travail et le PC de trading crypto.
- Analyser tout code avec VirusTotal ou un scanner de dépendances.
- Mettre à jour régulièrement les logiciels et antivirus.
Impact et enseignement
Cette attaque rappelle que même les développeurs expérimentés peuvent tomber dans un piège bien conçu.
Les groupes nord-coréens ne cherchent pas seulement à voler : ils financent des opérations étatiques via la crypto.
Chaque projet non vérifié peut devenir une porte d’entrée vers un désastre financier.
FAQ : tout savoir sur ce type d’attaque
1. Qui sont les hackers nord-coréens ?
Des groupes comme Lazarus, BlueNoroff ou APT38, liés à Pyongyang, spécialisés dans le vol de crypto et les cyberattaques d’espionnage.
2. Pourquoi ciblent-ils les développeurs ?
Parce qu’ils ont souvent un accès direct à des projets crypto ou à des environnements sensibles.
3. Comment détecter un code malveillant dans un projet ?
Analyser le code, exécuter dans une sandbox et vérifier les connexions sortantes.
4. Le vol de crypto est-il traçable ?
Oui, toutes les transactions Bitcoin sont publiques, mais souvent les fonds sont blanchis via des mixeurs ou plateformes décentralisées.
5. Que faire après un vol de crypto ?
Préserver les preuves, alerter la police cyber, et informer les plateformes d’échange.
6. Quels outils utiliser pour sécuriser ses wallets ?
Hardware wallets, chiffrement AES, authentification 2FA et sauvegardes hors ligne.
7. Peut-on récupérer les fonds volés ?
C’est rare, sauf si les fonds transitent par un exchange qui collabore avec les autorités.
8. Comment reconnaître un faux client ?
Profils récents, paiements suspects, projets mal définis ou liens externes douteux.
9. Les freelances crypto sont-ils plus vulnérables ?
Oui, car ils reçoivent souvent du code tiers et travaillent seuls.
10. Quelle leçon retenir ?
Toujours traiter un projet externe comme potentiellement dangereux — la confiance se gagne après la vérification, pas avant.
En résumé
Les hackers nord-coréens ne visent plus seulement les grandes plateformes, mais chaque développeur isolé.
Un simple projet JavaScript a suffi pour voler 150 000 $.
La vigilance, la séparation des environnements et le chiffrement sont les seules vraies armes contre ce type de cyberattaque.

